BPCO - Sévérité - Exacerbation - Azithromycine

Écrit par Claude KRESPINE le . Publié dans PUBLICATIONS

Résultats cliniques et innocuité du traitement par Azithromycine (AZT) à long terme contre la BPCO sévère au-delà de la première année de traitement.

POMARES X. et al.   Chest   2018    153      5          1125    113

https://journal.chestnet.org/article/S0012-3692(18)30245-9/fulltext

            Pour savoir si l'AZT par prises cycliques (3 fois par semaines) en continue qui réduit le nombre d'exacerbation reste également efficace et sans danger au-delà d'un an, cette analyse rétrospective a inclus 109 patients souffrant de BPCO sévère (stade IV GOLD) traités par AZT au long cours par prise discontinue (500mg- 3 fois par semaine) dont 39 ont été traité ³ 24 mois.

            Ce groupe a présenté des réductions moyennes d'exacerbations de 56,2% à 12 mois, 70% à 24 mois et 41% à 36 mois, parallèlement aux réductions respectives des hospitalisations de 62,6%, 75,8% et 39,8%. Les exacerbations dues aux microorganismes habituels sont tombées respectivement de 12,5% et 17,3% à 12 et 24 mois de traitement avec une augmentation de la résistance aux macrolides de 50%. Les exacerbations par Pseudomonas Aeruginosa sont montées de 7,2% et 13,1% dans ces 2 périodes. Le traitement par AZT à doses cycliques a été bien toléré avec peu d'effets secondaires : troubles digestifs à court terme (7,1%) et perte auditive à long terme (5,1%).

            En conclusion, le traitement par AZT à doses cycliques à long terme sur une période de 24 à 36 mois chez les patients souffrant de BPCO au stade IV GOLD a entrainé des réductions soutenues des exacerbations et hospitalisations de > 50% avec peu d'effets adverses bien que la résistance aux macrolides ait augmenté.

(Commentaire :

  1. Krespine

BPCO - Exacerbation - Expectorations

Écrit par Claude KRESPINE le . Publié dans PUBLICATIONS

Bactériologie des expectorations et réponse clinique aux antibiotiques dans les exacerbations modérées de BPCO.

RA S. W. et al.         Clin Respir J        2018  12     4       1424  1432

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/abs/10.1111/crj.12671

 

    Les relations entre la détection de bactéries potentiellement pathogènes (BPP) dans les cultures d'expectorations ou par PCR, la réponse clinique et la recherche des facteurs de risque de la croissance des BPP ont été étudiées chez 342 patients en externe souffrant d'exacerbations aiguës de BPCO (EABPCO)en comparant les taux de détection de H. Influenzae (HI) et S. pneumoniae (SP) dans les expectorations vs par PCR.

    À partir des cultures d'expectorations, 132 BPP ont été détectées. Les bactéries prédominantes ont été HI (40,9%) et SP (19,7%). La détection de HI ou SP dans les expectorations a été plus élevée par PCR que pour leur développement en culture 60,8% vs 18,6%). La réponse clinique n'a pas été affectée par les résultats de chaque technique. Les facteurs de risque indépendant d'un isolement de BPP ont té des bactéries Gram négative sur les frottis d'expectorations (OR : 15,78), la purulence des expectorations (OR : 2,31), la température corporelle (OR: 0,16), le taux d'albumine (OR : 0,29) et le grade de la dyspnée ((OR : 0,51).

    Il est conclu que ni ni la croissance en culture ni la positivité d'une PCR pour HI ou SP dans les expectorations ne prédit la réponse clinique aux antibiotiques. Ainsi, ces tests ne sont pas nécessaires pour les patients en externe souffrant d'EABPCO. Cependant, l'examen de la coloration Gram et la purulence sur les frottis d'expectoration a été significative pour prédire la poussée de BPP dans les expectorations.

(Commentaire : il est vrai que la notion de microbiote rend peu fiable le rapport entre germes présents dans les expectorations et ceux en cause dans les exacerbations).

  1. Krespine

Un test simple pour detecter un SAOS chez l'enfant, avant de l'endormir…

Écrit par ABDELGHANI BENTALEB le . Publié dans PUBLICATIONS

24 mai 2018

Les enfants atteints du syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS) courent un risque élevé d'obstruction périopératoire des voies respiratoires. De nombreux enfants "à risque" peuvent ne pas être reconnus comme tels, alors même que le SAOS va de pair avec l'obésité, de plus en plus fréquente. L'objectif de cette étude est de proposer un test cliniquement simple d'identification du SAOS au chevet de l'enfant  pour pallier les tests actuels longs et difficiles à mettre en route.

Les réponses des questionnaires remplis par les parents ont été mises en parallèle, de façon prospective, avec les résultats aux tests polysomnographiques pratiqués chez 53 enfants (26 garçons, 27 filles, âge moyen 5,7 ± 4,3 ans). Les parents se sont soumis à la fois au questionnaire sur le sommeil de l’enfant, à une sous-échelle du questionnaire sur les troubles respiratoires liés au sommeil (PSQ-SRBD-Subscale) et à un questionnaire en 8 points qui en découle et qui a été résumé en 3 questions de base (OSA 3/8) : Votre enfant ronfle-t-il régulièrement la nuit ? Votre enfant respire-t-il difficilement pendant le sommeil ? Votre enfant a-t-il des pauses respiratoires pendant le sommeil ?

Un dépistage qui ne prend que quelques secondes

Le questionnaire PSQ-SRBD et le questionnaire auto-dérivé à 8 questions n’apportaient pas des données suffisamment significatives pour permettre la détection du SAOS. Par contre, les résultats à l'ensemble des 3 questions de base, avec un score exprimé comme un quotient, étaient statistiquement significatifs avec une sensibilité et une spécificité modérées de 0,944 et 0,543, respectivement. Cela pourrait être légèrement optimisé avec un score « somme » (spécificité de 0,571). Si la réponse à au moins 2 questions sur 3 est “oui”, (≥ 4 points), l'enfant peut être suspecté de SAOS et soit faire l'objet d'investigations complémentaires, soit d'une surveillance postopératoire renforcée. Parmi les enfants reconnus par la polysomnographie comme porteurs d'un SAOS, 1 seul a obtenu un score inférieur à la valeur limite discriminante de 3,5.

L'OSA 3/8 qui se pratique au chevet de l'enfant en quelques secondes, pourrait être un outil facile à utiliser pour détecter le SAOS pédiatrique dans le cadre d'évaluations pré-anesthésiques.

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence : Schnoor J et coll. : Pre-anesthetic assessment with three core questions for the detection of obstructive sleep apnea in childhood: An observational study. BMC Anesthesiol., 2018; 18: 25. doi: 10.1186/s12871-018-0483-y.

source : speed data sommeil et pneumologie

Pneumothorax traumatique - Prise en charge

Écrit par Claude KRESPINE le . Publié dans PUBLICATIONS

Prise en charge conservatoire des pneumothorax traumatiques. Une étude observationnelle.

Walker S.P. et al.           Chest 2018  153    4       946    953

http://journal.chestnet.org/article/S0012-3692(17)32917-3/fulltext

Pour évaluer le traitement, les complications et les résultats sur les pneumothorax liés à un traumatisme, 602 patients hospitalisés dans un centre pour traumatisés majeurs ont été inclus au cours de la période de l'étude, d'âge moyen 48 ans (+/- 22 ans) dont 73% étaient des hommes.

La moyenne du score de sévérité du trauma était de 26 et la mortalité a été de 9%. Sur les 602 pneumothorax traumatiques, 277 (46%) étaient traités initialement de façon conservatoire. 252 sur les 277 (90%) n'ont pas nécessité de drainage thoracique ultérieur, en incluant la majorité des patients (56/62 soit 90%) qui ont eu une ventilation en pression positive à l'admission. Le rapport de risque (HR) d'échec du traitement conservatoire n'a pas montré de différence entre les patients ventilés et non ventilés (HR : 1,1). Seule la présence d'un hémothorax important a été associée à une probabilité augmentée d'échec du traitement conservatoire.

         En conclusion, dans cette large étude observationnelle sur les pneumothorax traumatiques publiée à ce jour, > 90% des patients dont le pneumothorax a été pris en charge de façon conservatoire n'ont jamais nécessité de drainage. Ce qui est important, c'est que cette indication s'applique également aux patients nécessitant une ventilation en pression positive sans augmentation significative du risque d'échec de la prise en charge attendue. Ces données confirment le rôle du traitement conservatoire contre les pneumothorax traumatiques.

(Commentaire : ne rien faire sauf surveiller et que ça marche quand même...qui s'en plaindrait ?)

  1. Krespine

BPCO - Hyperinflation - Coeur

Écrit par Claude KRESPINE le . Publié dans PUBLICATIONS

Le trouble ventilatoire obstructif et l'hyperinflation pulmonaire dans la BPCO sont liés a une altération du remplissage diastolique ventriculaire gauche.

ALTER P. et al.   Respir Med                 2018    137      April   14        22

http://www.resmedjournal.com/article/S0954-6111(18)30040-4/fulltext

     Pour évaluer la relation entre l'obstruction bronchique, l'hyperinflation pulmonaire et le remplissage ventriculaire gauche dans la BPCO, un total de 615 patients souffrant de BPCO ont été inclus (VEMS moyen : 52,6%vr).

     En plus des influences de l'âge, de l'IMC et de la pression sanguine, le volume gazeux intra thoracique mesuré par les paramètres échocardiographiques a été positivement lié à la vitesse de l'anneau septal, négativement au diamètre de l'oreillette gauche, le VEMS positivement au temps de décélération de l'onde du débit transmitral précoce. L'effet des prédicteurs a été le plus prononcé pour le diamètre auriculaire gauche, la vitesse de l'anneau septal et le temps de décélération de l'onde précoce et moins prononcé sur le rapport du débit transmitral précoce/tardif, le temps de relaxation isovolumique et le rapport temps de ralentissement de l'onde débutante et tardive. L'analyse des trajectoires a été utilisée pour prendre en compte les relations additionnelles entre les paramètres échocardiographiques eux-mêmes, démontrant que leurs associations avec les prédicteurs sont maintenus et fiables.

     Il est conclu que l'obstruction bronchique et l'hyperinflation pulmonaire ont été significativement associés au remplissage diastolique cardiaque chez les patients souffrant de BPCO, suggérant plus une chute de la pré charge qu'une relaxation myocardique intrinsèquement compromise elle-même. Ceci suggère qu'une réduction de l'obstruction et de l'hyperinflation pourrait aider à améliorer le remplissage cardiaque.

(Commentaire : OUF !!!!)

  1. Krespine